1. Objet et périmètre
Le site publie des textes documentaires sur le journalisme de données : accès aux fichiers publics, préparation et analyse, lecture des statistiques, vérification en sources ouvertes, accès aux documents administratifs, exploitation des registres, reproductibilité et arbitrages déontologiques. Le périmètre s’arrête à la description de pratiques générales.
Trois activités sont explicitement exclues. Le site ne produit pas d’enquête sur des faits d’actualité, ne commente pas de dossier individuel et ne fournit aucune prestation de vérification pour compte de tiers. Cette limitation est structurelle : elle garantit que les textes restent des supports de méthode et non des prises de position sur des affaires en cours.
2. Choix des sujets
Un sujet entre au programme lorsqu’il correspond à une difficulté récurrente et documentable, qu’il peut être traité à partir de sources publiques et qu’il présente une utilité immédiate pour un travail éditorial. Les sujets sont formulés sous forme de question pratique — « comment lire une fiche de métadonnées », « que prouve une ombre » — plutôt que sous forme de thème général.
Les propositions extérieures sont examinées selon les mêmes critères. Aucune place n’est réservée en échange d’une contrepartie, d’un partenariat ou d’une visibilité réciproque, et aucune organisation ne dispose d’un droit de relecture préalable. Une proposition émanant d’un organisme cité dans un texte est traitée comme n’importe quelle autre suggestion.
3. Hiérarchie des sources
Les sources sont classées par ordre de force probante. Les textes normatifs et les actes publiés viennent en premier lorsqu’il s’agit d’établir une règle ou une obligation. Les statistiques officielles documentées servent aux ordres de grandeur. Les registres et documents administratifs établissent des existences, des dates et des mandats. Les publications institutionnelles décrivent des procédures.
La littérature professionnelle occupe le dernier niveau : elle situe un usage courant mais ne fait jamais preuve. Lorsque deux sources de niveaux différents divergent, la source la plus élevée prévaut et la divergence est signalée. Lorsque deux sources de même niveau divergent, les deux lectures sont exposées avec leurs définitions respectives.
| Niveau | Nature | Ce qu’elle peut établir | Mention obligatoire |
|---|---|---|---|
| 1 | Texte normatif, acte publié | Une règle, une obligation, une date d’effet | Référence et date de publication |
| 2 | Statistique officielle documentée | Un ordre de grandeur daté | Millésime et date de consultation |
| 3 | Registre, document administratif | Une existence, un mandat, une chronologie | Autorité détentrice et date |
| 4 | Publication institutionnelle | Une procédure, une pratique déclarée | Organisme et intitulé du document |
| 5 | Littérature professionnelle | Un usage courant, jamais une preuve | Formulation explicitement prudente |
4. Vérification des affirmations
Chaque affirmation susceptible d’être contestée est reliée à une source identifiée avant publication. La relecture de vérification procède phrase par phrase et contrôle que la formulation ne dépasse pas ce que la source établit. Les verbes d’attribution reçoivent une attention particulière : « indique », « prévoit », « selon » et « implique » ne sont pas interchangeables.
Les descriptions de procédures administratives sont recoupées avec au moins une source de niveau 1 ou 3. Lorsqu’une procédure varie selon le niveau de pouvoir — fédéral, régional, communautaire, local — le texte le signale plutôt que de présenter un régime unique. Les délais sont décrits comme indicatifs, puisqu’ils dépendent du texte applicable et de la date de la demande.
5. Un contrôle appliqué, phrase par phrase
Le fonctionnement du contrôle se comprend mieux sur un cas. Soit une phrase proposée en rédaction : « les communes doivent répondre à une demande d’accès dans les trente jours ». La relecture de vérification pose trois questions, dans cet ordre : quelle source établit ce délai, à quel niveau de pouvoir s’applique-t-elle, et le verbe employé correspond-il exactement à ce que le texte prévoit.
La première question renvoie à une source de niveau 1, c’est-à-dire au texte applicable et non à un guide pratique qui le résume. La deuxième conduit presque toujours à restreindre la portée de la phrase, puisque les régimes de publicité de l’administration diffèrent selon le niveau de pouvoir concerné. La troisième porte sur le verbe : « doivent répondre » affirme une obligation de résultat là où un texte peut prévoir un délai indicatif, une prolongation motivée ou une décision implicite en cas de silence.
La phrase publiée devient alors plus longue et moins frappante : elle nomme le régime visé, qualifie le délai d’indicatif et renvoie à la fiche consacrée à l’accès aux documents pour les variantes. Ce déplacement, d’une formule nette vers une formule exacte, résume le travail de relecture et explique la présence fréquente de verbes d’attribution dans les textes du site.
6. Traitement des chiffres et des exemples
Les exemples chiffrés emploient des unités neutres : nombre de dossiers, jours de délai, pourcentages, points de pourcentage, tailles d’échantillon, nombre de lignes d’un fichier. Aucun montant n’est utilisé, y compris à titre d’illustration, afin d’écarter toute confusion avec un contenu de nature financière.
Les formules publiées sont présentées avec leurs hypothèses et leurs limites. La calculette du dossier consacré à la lecture des statistiques est explicitement décrite comme une illustration arithmétique : elle suppose un échantillon aléatoire simple et ne remplace pas la note méthodologique d’une enquête réelle. Aucun résultat produit par cet outil ne constitue une validation.
7. Écriture et vocabulaire de prudence
Les textes distinguent systématiquement trois niveaux : ce qui est établi par une source, ce qui résulte d’un raisonnement documenté, et ce qui relève d’un usage professionnel courant. Le vocabulaire suit cette distinction et évite les formulations d’autorité qui transformeraient une pratique en obligation.
Les superlatifs, les promesses de résultat et les affirmations de reconnaissance sont exclus. Le site ne revendique aucune accréditation, aucun agrément, aucune affiliation à une institution citée et aucune capacité à délivrer un titre. Les paragraphes restent courts, entre soixante-dix et cent quarante mots, pour rester utilisables en situation de travail.
8. Cycle de relecture et de révision
Chaque page suit un cycle en cinq temps, du cadrage à la révision datée. Le cycle est identique pour une fiche de champ et pour un dossier de méthode, seule la profondeur du contrôle varie. Aucune page n’est publiée sans avoir traversé l’étape de relecture de vérification.
La révision périodique porte sur les éléments susceptibles d’avoir changé : références de textes, intitulés d’organismes, existence des portails cités, délais indicatifs. Une page dont aucune modification n’est nécessaire reçoit néanmoins une mention interne de réexamen, afin de distinguer une page vérifiée d’une page oubliée.
Cycle de production d’une page
- Temps 1 · CadrageFormulation de la question traitée, délimitation du périmètre et repérage des sources de niveau 1 à 3.
- Temps 2 · Rédaction documentéeÉcriture des sections avec, pour chaque affirmation sensible, la source associée en note de travail.
- Temps 3 · Relecture de vérificationContrôle phrase par phrase par une personne n’ayant pas rédigé le texte, avec relevé des reformulations.
- Temps 4 · Contrôle de conformitéVérification des mentions de limites, de l’absence de vocabulaire promotionnel et de l’accessibilité des tableaux et figures.
- Temps 5 · Révision périodiqueRéexamen des références et des délais indicatifs, avec mention interne datée même en l’absence de modification.
9. Procédure de correction
Un signalement peut porter sur une inexactitude, une source périmée, une formulation ambiguë ou un problème d’accessibilité. Il est examiné à partir du matériau conservé, sans supposer que le signalement est fondé ni qu’il ne l’est pas. La réponse indique la décision prise et son motif.
Lorsqu’une correction est nécessaire, elle est appliquée au texte et aux tableaux concernés, puis signalée par une mention datée décrivant ce qui a changé. Les modifications purement rédactionnelles ne donnent pas lieu à mention. Une modification silencieuse d’un élément factuel est exclue par principe : elle transformerait une erreur ordinaire en problème de confiance.
10. Indépendance et conflits d’intérêts
Le site est financé par son opérateur. Il ne diffuse aucune publicité, n’accepte aucun contenu sponsorisé, ne vend aucun accès et ne pratique aucun échange de liens ou de visibilité. Aucune organisation citée dans les textes ne contribue à leur financement ni à leur relecture.
Lorsqu’un contributeur entretient un lien avec un organisme mentionné dans un texte, il ne participe pas à la relecture de vérification de ce texte. Cette règle simple remplace une déclaration d’intérêts détaillée, qui supposerait de nommer des personnes — pratique que le site évite au profit d’une description par rôles.
11. Ce que le protocole n’autorise pas
Le protocole n’autorise pas la publication d’une affirmation non sourcée, d’un chiffre sans unité ni date, d’une procédure décrite comme uniforme lorsqu’elle varie selon le niveau de pouvoir, ni d’une technique de recherche impliquant une intrusion informatique, un contournement de protection technique ou une usurpation d’identité.
Il n’autorise pas davantage la présentation du site comme un établissement d’enseignement, un organisme certificateur, un cabinet de conseil ou un service d’expertise. Ces limites figurent dans la page consacrée aux limites et à la responsabilité, et sont rappelées dans le pied de chaque page.
Contrôle appliqué avant chaque mise en ligne
- La question traitée par la page est formulée en une phrase.
- Chaque affirmation sensible est reliée à une source identifiée.
- Les chiffres portent une unité, une date et une source.
- Aucun montant n’apparaît dans les exemples.
- Les variations selon le niveau de pouvoir sont signalées.
- Les mentions de limites et l’absence de promesse sont vérifiées.
- Les tableaux comportent une légende et des en-têtes explicites.
- La date de réexamen est inscrite dans le suivi interne.
Questions fréquentes
Le protocole est-il une norme professionnelle ?
Non. C’est une description du fonctionnement interne du site, publiée par transparence. Elle n’engage aucune organisation extérieure et ne constitue pas une norme opposable.
Comment signaler une erreur ?
Par écrit, via la page de contact, en indiquant l’adresse de la page, la phrase concernée et la source qui contredit l’affirmation. Le signalement est examiné à partir du matériau conservé.
À quelle fréquence les pages sont-elles révisées ?
Le réexamen est annuel par défaut, et anticipé lorsqu’une référence citée change, qu’un portail mentionné évolue ou qu’un signalement le justifie.